« Dans beaucoup d’entreprises, le moteur humain a calé »

30/11/2021
RH & Carrière
(Photo Tim Gouw/Unsplash)

Lionel Barets, conseiller en management et fondateur du bureau Convidencia, l’observe : le retour au bureau, après la crise du covid, s’avère problématique pour beaucoup de travailleurs, en perte de sens. Comment retrouver la cohérence ?

« Dès le premier confinement, au printemps 2020, je pressentais que le redémarrage serait compliqué. On le constate à présent dans les organisations où nous intervenons : le moteur humain a calé. »

La raison de cette « panne » ? Peut-être le simple fait que le confinement a permis à beaucoup de gens de ralentir, se poser des questions sur eux-mêmes et sur le sens de leur action… « Aujourd’hui, la plupart d’entre eux retournent au travail sans avoir trouvé les réponses, et ils le vivent mal. Ils sont là, mais avec un fort sentiment de désalignement. »

Le malaise était présent avant la crise sanitaire : « Les entreprises sont très malmenantes pour les individus. C’est involontaire, mais elles créent un contexte où le stress devient difficile à gérer. C’est dû à l’accélération des dix à vingt dernières années, qui a ruiné la qualité des relations, mais aussi à la complexité croissante du monde qui nous entoure. Les entreprises n’arrêtent pas de changer pour s’adapter à cette complexité : innovation, changement de culture, d’organisation, etc. »

Comment faire face à tant de stress ? Lionel Barets propose de chercher la réponse dans la « cohérence », à laquelle il vient de consacrer un livre : « La cohérence en entreprise. Relevez le défi avec la Salutogenèse Appliquée ».

La salutogenèse, qu’est-ce que c’est ? Le concept est issu des travaux du sociologue américain Aaron Antonovsky, qui établit un lien entre la santé et le sentiment de cohérence, que l’on peut transposer au monde de l’entreprise.  

« Pour faire bref, plus le sentiment de cohérence est fort, mieux il nous permet de gérer les facteurs de stress. »

« Et ce sentiment repose sur trois fondements : la compréhension (avoir suffisamment d’information pour se représenter ce qu’il se passe), le contrôle (disposer des ressources nécessaires pour gérer la situation, en termes de compétences, de moyens, etc.) et enfin le sens, c’est-à-dire l’alignement avec nos valeurs personnelles. »  

Dans beaucoup d’entreprises, les deux premiers éléments feraient défaut, privant le troisième de toute base solide. « Beaucoup d’entreprises ‘vendent’ du sens, comme on fait du greenwashing : de belles paroles et très peu d’actes. Mais pour donner du sens à son expérience, le collaborateur a absolument besoin de compréhension et de contrôle. Donc, travaillons d’abord à mieux communiquer, aidons les gens à se faire une vraie représentation de ce qu’il se passe. Donnons des compétences, donnons des moyens, assurons-nous qu'ils ont cette capacité de se sentir en contrôle. Et une fois cette base établie, aidons-les à prendre du recul et à donner du sens à l'action. ‘Faire’ le sens, sans le reste, ça ne marche pas. »

Info : Convidencia

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