"Quand la grande aiguille sera sur le lapin…"

9/8/2022
Entreprendre
(Photo Twistiti)

Des montres pour les enfants qui ne savent pas encore lire l'heure? L'idée peut sembler loufoque. Twistiti a cependant démontré qu'elle avait du sens et qu'on pouvait même en faire un business.

"Quand est-ce qu'on arrive?", "C'est quoi, un quart d'heure?" Même s'ils ne savent pas encore lire l'heure – une compétence qui s'acquiert vers 6 ou 7 ans – les jeunes enfants ont déjà la notion du temps qui passe et qui alimente chez eux beaucoup de questions. "C'est en observant les enfants de mon frère, qui avaient 3 et 5 ans à l'époque, qu'on s'est rendu compte qu'il y avait peut-être quelque chose à faire", explique Léopold le Hardÿ, cofondateur de Twistiti avec son frère Adrien.

Léopold est diplômé en marketing (il a décroché un master à Édimbourg, après un bachelier à l'EPHEC); Adrien est designer. Après un premier essai entrepreneurial avec une marque de vélos vendus en ligne, ils trouvent leur idée: des montres colorées, au cadran illustré par des symboles, qui permettent d'initier les enfants à la lecture de l'heure sans recours aux chiffres. "En cherchant un peu, on s'est aperçus que ça n'existait pas vraiment. On s'est dit que ce serait plus facile à commercialiser que des vélos, on a fait fabriquer 1.000 montres et on s'est lancés!"

Idée validée par le marché: aujourd'hui, près de dix ans plus tard, les montres Twistiti se vendent aussi bien en France qu'en Belgique, et commencent à pénétrer d'autres marchés, de l'Allemagne au Canada. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance:

"La première difficulté, c'est que les enfants, qui sont nos utilisateurs, ne sont pas nos acheteurs."

"Notre acheteur-type, c'est la jeune maman. C'est aussi le jeune papa, les grands-parents, les parrains et marraines… Ce sont eux notre vraie cible." Deuxième difficulté: il faut éduquer les consommateurs… "Comme ça ne ressemble pas aux autres montres, il faut d'abord expliquer le produit. C'est pour ça qu'on a créé un petit dossier sur notre site web, avec le soutien de pédagogues."

Entretemps, Twistiti a développé une gamme de montres plus classiques, avec chiffres, pour les 6-12 ans. Paradoxalement, ce sont elles qui se vendent le mieux, "justement parce qu'elles ne nécessitent pas d'explication. Nos montres pédagogiques restent tout de même très importantes parce qu'elles représentent une innovation et nous donnent de la crédibilité".

En conclusion? "Je dirais qu'il ne faut pas hésiter. Avec Twistiti, on s'est lancés un peu comme des cow-boys, sans véritable étude de marché. On n'était pas sûrs qu'il y aurait une demande, mais on a fait le pari. Au lieu d'investir du temps et de l'argent en études qui auraient pu nous donner des signaux contradictoires, on a lancé le design, la production et la commercialisation." Attention cependant: "Je ne dis pas qu'il ne faut pas faire d'études de marché – dans certains business, ce serait suicidaire –, mais dans notre cas, on était deux, on a mis un peu de capital. Le risque était très mesuré."

Info : Twistiti

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