L’important dans l’e-business, c’est le business !

23/11/2021
Tech & Digital
D'après Michel-Ange, la Création d'Adam

Le nombre d’entités belges actives en e-commerce a augmenté de 45 % en 2020, selon une analyse du cabinet Retis : un vrai boom, en grande partie lié à la crise du covid. Il ne suffit pourtant pas d’ajouter « électronique » au mot « commerce » pour garantir le succès…

Comme le télétravail, l’e-commerce s’est massivement imposé en 2020 sous la contrainte de la crise sanitaire et du confinement. Peu ou mal préparées, de nombreuses entreprises se sont tant bien que mal adaptées. Et, comme pour le télétravail, elles y ont trouvé certains avantages.  

« Le covid a poussé à la digitalisation, ou du moins à une prise de conscience », confirme Alexandre Lechien, directeur du département e-business à l’EPHEC. « Certaines sociétés de retail, qui n’avaient qu’un embryon d’activité e-commerce, voire aucune activité, ont dû s’adapter en quelques jours pour monter un site d’e-commerce qui puisse faire office de magasin – et qui a généré du chiffre d’affaires. En dehors du retail, d’autres secteurs ont évolué aussi. Des sociétés peu présentes sur le web se sont tout à coup activées sur les réseaux sociaux, ont développé des stratégies SEA ou SEO (référencement payant ou naturel, ndlr) beaucoup plus poussées, ou encore ont développé la gestion de données. »

La Belgique, réputée plus lente dans l’adoption des technologies numérique, a ainsi refait une partie de son retard sur les pays voisins. Trop tard ? « Je ne pense pas. J’en veux pour preuve que le marché belge continue à attirer des acteurs français ou néerlandais du e-commerce : cela signifie qu’il reste de la place pour se développer. »

Pour autant, avoir un site d’e-commerce n’est pas une garantie de succès ; c’est un peu comme avoir l’électricité ou le téléphone : une condition nécessaire, mais qui ne suffit pas à s’octroyer un avantage concurrentiel.  

« Le web, c'est un moyen d’entrer en contact avec son audience, mais si la proposition de valeur n’y est pas, ça n'ira pas loin. Il faut toujours se demander quel business model on adopte, quels sont les avantages recherchés par le consommateur, puis répondre à ses attentes en lui proposant un service qui se différencie de la concurrence. S’il ne perçoit pas cette plus-value, pourquoi le client s’intéresserait-il à vous ? Mais bien sûr, il faut que cette proposition de valeur s’accompagne d'une stratégie de webdesign, de web content, pour générer le trafic ou les ventes que l’on recherche. »

À l’avenir, Alexandre Lechien s’attend à voir converger deux mondes : celui des pure players numériques et celui des enseignes traditionnelles, dites brick & mortar. « On l’observe déjà : une plateforme comme bol.com a ouvert des magasins physiques, tandis que des banques traditionnelles ont créé des comptes B2B exclusivement en ligne. En matière de communication également, TikTok s’est associé au championnat d’Europe de foot comme l’aurait fait une entreprise classique. La frontière s’estompe entre ces différents acteurs du paysage ‘omnichannel’. »

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