Apprendre au 21e siècle

2/11/2021
Tech & Digital
(Photo www.freepik.com)

« Le plus simple écolier sait maintenant des vérités pour lesquelles Archimède eût sacrifié sa vie. » Ces mots, Ernest Renan les a écrits en… 1889 ! Plus d’un siècle avant internet, les réseaux sociaux, le smartphone et Wikipédia. Que dirait-il aujourd’hui ?

Jamais il n’a été aussi facile d’apprendre. Que l’on ait envie de s’initier au coréen, à la menuiserie ou à la mise en page, les technologies de l’information ont mis à la portée du plus grand nombre, et souvent gratuitement, d’immenses sources de connaissance : bibliothèques en ligne et MOOC (ces cours en ligne ouverts à tous), mais aussi d’innombrables articles, tutoriels vidéo et autres podcasts publiés par tout un chacun, hors de tout cadre académique.

« Il y a énormément de contenus, c’est vrai, mais ils sont rarement sourcés », observe Sophie Poukens, coordinatrice pédagogique à l’EPHEC. « Il faut donc être capable de les différencier, exactement comme pour les contenus d’information. À cet égard, l’école a un grand rôle à jouer d’éducation au sens critique. »

De tels contenus sont de plus en plus présents dans les classes : « Beaucoup d’enseignants les utilisent ; certains sont eux-mêmes actifs sur YouTube, Twitch ou d’autres plateformes. Et beaucoup d’étudiants en introduisent en classe ou dans leurs travaux. Mais c’est justement là, dans le cadre scolaire, que l’on peut discuter ces contenus et les soumettre à l’analyse. »

Le symptôme d’un enseignement qui change ? « Les enseignants sont conscients du fait que leurs étudiants sont habitués à des médias très différents, et ils essayent de s’en inspirer. On parle beaucoup de ‘ludification’, avec le recours à des outils empruntés au monde du jeu, par exemple des escape games pédagogiques. Ce sont des leviers qui parlent aux étudiants actuels. »  

Les médias numériques transforment profondément l’apprentissage dans la classe, mais aussi en dehors : « Non seulement pour ce qui concerne la recherche d’information, avec beaucoup d’outils très intéressants au-delà des moteurs de recherche, mais aussi dans la dimension collaborative. Nous encourageons d’ailleurs les étudiants à utiliser des outils de partage, de gestion de projet, de discussion ; des outils qui leur permettent de développer leurs ‘soft skills’ et qui n’existaient pas auparavant. »

Autre signe de transformation : les étudiants n’ont sans doute jamais été aussi critiques de l’enseignement qu’ils reçoivent – parce qu’ils le comparent à d’autres sources. « Mais je crois que c’est une bonne chose », répond Sophie Poukens. « Quand on se place, en tant qu'enseignant, dans la perspective de former les étudiants à l’analyse critique, il faut être ouvert à ce débat. »

« Les cours évoluent beaucoup plus vite qu'avant, et je crois que c'est en partie lié aux possibilités offertes par les nouveaux outils d'apprentissage. Je trouve que c’est d’une grande richesse. »
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